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Pour un tourisme équitable hors des sentiers battus

Mon voisin qui me sait amoureux de l’Italie était tout content de me dire : « Je reviens de Calabre. C’était beau, nous nous sommes baignés, nous avons visité des îles, il faisait chaud ». De l’intérieur, il n’avait rien vu. Ce n’était pas prévu par le tour operator. Situation courante. Pour la plupart des Français, l’Italie du Sud est une région sèche (on se souvient du film de Francesco Rosi, Le Christ s’est arrêté à Eboli) où il n’y a rien à faire pour un touriste. Ils ne soupçonnent pas les richesses naturelles : la beauté du maquis méditerranéen au printemps, les forêts luxuriantes de la Sila de L’Aspromonte ou de la Sicile, les vallées d’orchidées dans le Cilento ou les Pouilles, les panoramas magnifiques, sans compter les « bijoux » à découvrir dans les petites villes ou villages.
Pour profiter de ces richesses, le tourisme de masse, la foule, la précipitation ne conviennent pas. Il faut trouver des itinéraires hors des sentiers battus, prendre son temps, ne pas marcher trop vite pour découvrir une flore si diverse, profiter du silence apaisant et reposant.
Nous pouvons proposer un type de tourisme qui respecte la nature, qui soit équitable (au sens où l’on parle de commerce équitable »), et n’ignore pas les habitants mais s’appuie sur leur connaissance du pays. Un contrat en quelque sorte.
Le touriste profite du service des guides locaux, qui connaissent bien leur région et savent la faire aimer. Ces guides ont un ainsi un travail, justement rémunéré, sans que personne ne se sente exploité. Avec des cartes, des livres, une boussole, on peut préparer un itinéraire, mais outre les mauvaises surprises que l’on peut rencontrer, il manquera toujours l’essentiel : découvrir l’âme de la région à travers les vestiges d’une civilisation rurale, toutes les explications sur l’utilisation des éléments naturels dans une économie en autarcie, les anecdotes et les traces d’une histoire encore récente de misère et de deuil dans les années 1860.
Les habitants sont impliqués dans la mesure où ils acceptent de faire participer les touristes à certaines de leurs activités. Un groupe a participé à une fête de l’arbre, un autre a passé le « Capodanno » dans un village, un troisième a été invité dans une famille à l’occasion de l’abattage du cochon, tout récemment le restaurant coopératif du village a proposé au groupe d’apprendre à confectionner les « maccheroni », et de les déguster bien sûr.
Impliqués aussi, les habitants qui mettent leur maison à disposition – l’ospitalità diffusa. Dans des villages qui se dépeuplent, le loyer peut être une incitation et une aide pour restaurer des maisons. Impliquée aussi, la ferme agriturismo pour qui le tourisme apporte un complément important et qui offre à ses hôtes des produits frais et des recettes traditionnelles.
Le Monde a publié il y a quatre ans un article sur ces personnes ou ces petites associations qui proposent ce type de tourisme. Le 24 avril dernier, le quotidien local de l’Aspromonte Il quotidiano parlait « de ces jeunes entrepreneurs du tourisme qui empruntent la voie du tourisme équitable ». Nous avons rencontré un de ces entrepreneurs, président de la coopérative de tourisme Naturaliter. Au départ, je suis allé avec un club français de randonnée, puis avec des randonneurs du Centre culturel italien de Paris. Il y a deux ans, nous avons créé, quelques amis et moi Passeggiate, une association qui par l’intermédiaire de Naturaliter propose ces randonnées ouvertes à tous, seuls ou en associations. Il quotidiano ajoutait, à propos des groupes étrangers dont nous faisions partie : « Tutto ciò dimostra come la nostra pure piccola economia pùo avere degli spazi di crescità soltanto con una adeguata apertura al mondo ». Dans cette économie, Naturaliter et Passeggiate sont des gouttes d’eau mais les petits ruisseaux ne font-ils pas les grandes rivières ?

Marc Delacherie
http://passeggiate.free.fr
Andrea Laurenzano
www.naturaliterweb.it

dimanche 12 juin 2011